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lundi 13 juillet 2009

London ears, part1.

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A
près un séjour à Londres ponctué de rencontres familiales, amicales et professionnelles, l'heure est venue de dévoiler certaines choses. Je me pose ici en simple observateur, curieux des mouvances sonores et des événements musicaux de la Cité de Westminster. Design sonore, street pianos, disquaires indépendants, Rough Trade, taxi londoniens... Extraits.

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Pour commencer, je dois reconnaître que les anglais possèdent un train d'avance sur ce que je vais appeler "les formules". La formule "je te donne ta chance mais sois bon", bien différente de la formule "montre moi tes diplômes et sois bon" montre le goût d'entreprendre et d'investir dans le neuf, l'original et le différent. Une formule au final très proche du modèle américain (point une référence de nos jours mais qui a su montrer la voie).Tout va très vite, on discute quelques instants, on se met d'accord, on travaille et on avance. Je n'évoquerai certainement pas un idéal car aucun système n'est idéal, pas même le Québec et sa vague migratoire grandissante. Est-ce que l'Eldorado se trouverait en Amérique du Nord à -30°C? Pas sûr. Ces quelques considérations mises de côté, je mets l'accent sur cette richesse musicale que j'ai pu rencontrer au grès des mes incessantes balades dans les rues londoniennes, entre Oxford Street, Wardour Street, Brewer Street où j'ai pu voir une boutique (studio) de... design sonore - http://www.thejunglegroup.co.uk -. Oui, vous ne rêvez pas, à Londres, on affiche "sound design" comme on affiche "post production" ou "web design". Serait-on aux portes de la gloire outre Manche? N'exagérons rien mais constatons le progrès.

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En pleine rue, il n'est pas rare de croiser ces fameux street pianos - http://www.streetpianos.com/london2009/ - , une installation de l'artiste Luke Jerram qui s'achève aujourd'hui. La surprise était de taille, au grès d'une promenade sur Great Marlborough Street, je décide d'emprunter la perpendiculaire, avec Carnaby Street, célèbre pour son fashion et ses pounds. Je tombe sur ce piano psychédélique (voir ci-dessus) avec un gars jouant le magnifique "Hallelujah" de Leonard Cohen. Impossible de dissocier ce morceau du grand Jeff Buckley (ndlr. Jeff Buckley a magnifié le morceau original sur son premier album "Grace"). Moment de recueillement.

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La crise du disque n'aidant pas les petits disquaires indépendants à se multiplier, on note quand même plus de 400 boutiques de passionnés dans le coeur de Londres. Pour les discophages, mélomanes et autres nostalgiques du disque, le choix est monumental et varié. Du métal en passant par la pop et le jazz le plus pointu (le record shop "Sounds Of The Universe" - http://www.soundsoftheuniverse.com - en est le parfait exemple), tous les styles, tous les formats, tous les goûts sont représentés. On trouve des choses insensées, des raretés qui peuvent faire mal au porte monnaie. Bref, une ville pour les puristes du son, pour les fouineurs du groove et les agités de la bonne vieille galette.

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Alors qu'il y a deux ans, on ne donnait pas cher du CD (c'est toujours le cas), Rough Trade, célèbre label indépendant anglais, décida de créer un magasin de disques de 5000 m2, une démarche assurément suicidaire en pleine période de crise du disque. Détrompons-nous, nous sommes à la moitié de l'année 2009 et le magasin de Brick Lane est tendance. Coin snack-bar, galerie d'exposition, petite scène pour des concerts viennent compléter le magasin de disque. Une façon d'envisager l'espace de vente. Nous sommes très loin de la vieille machine commerciale que nous connaissons bien et qui s'épèle en quatre lettres... Exemple à suivre.

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Rangeons nos idées reçues et nos chapeaux melon, même les taxis londoniens revêtent l'habit musical. Restons pragmatique, il ne s'agit pas d'une démarche artistique (quoique l'idée est à creuser) mais de la vision marketing émanant de l'éminence grise d'un DA ou d'une armée même. On pourrait résumer la discussion à cela :

Bob : "Et si on collait du Prodigy sur un taxi?"
Richard : "Qu'est ce que tu racontes man, t'as fumé ou quoi?"
Bob : "Je t'explique Richard, c'est de plus en plus dur de vendre du disque, on est d'accord. On utilise quasiment toutes les surfaces, les couloirs de métro, l'affichage, les médias, enfin tout. Bref, on est submergés d'information alors on doit faire l'événement. Un truc qui bouge. Ecoute, on va coller le titre du single de Prodigy "Take Me To The Hospital" sur le taxi. On va garder l'esprit du groupe, dingue, dangereux pour l'artwork et voilà, tout Londres verra du Prodigy."
Richard : "C'est pas con Bob mais bientôt on verra du logo incrusté sur ton front, tu le sais ça?
Bob : "C'est déjà fait, Rich, il paraît même qu'il y en a sur le papier toilettes. Je ne sais pas où on va mais en tout cas, faut vendre du disque."

London ears, part1.
Photos : Nicolas Lordier

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