Ohmwork

- DESIGN SONORE ou l'actualité du design sonore dans la publicité, l'audiovisuel, l'interactif, le multimédia (communiquer avec le son et la musique) - AVENTURES SONORES ou la présentation de nos expériences sonores au sein de notre agence. - MIROIRS SON

mardi 4 août 2009

Klaus Nomi

klaus


V
éritable phénomène de la pop culture des années 80, l'allemand Klaus Nomi a été le premier artiste à mêler cabaret, musique pop et opéra dans un même concept orienté autour d'une personnalité haute en couleur, diablement touchante, flirtant avec l'exubérance. Une exubérance masquée par un talent inégalé pour le chant et la mise en scène. Possédant une tessiture vocale d'une impressionnante richesse (ndlr. l'homme pouvait jongler entre une voix de basse-barython et une voix de contre ténor), Nomi a magnifiquement adapté "The Cold Song" du compositeur Henri Purcell pour en faire un OVNI majestueux, une pièce unique qui parvient à dépasser l'idée même de l'émotion. Difficile de résister, de détourner le regard, de se laisser distraire par un quelconque événement aux alentours. Tout pourrait s'écrouler, tout pourrait disparaître, rien n'y fait. Ce baroque aux allures extraterrestre m'évoque Tim Burton et son Edward, David Lynch et son John Merrick ou même Michael Jackson. Des personnages de légende dont on n'imagine une existence ailleurs, toujours très loin d'une certaine réalité... Je vous laisse savourer.

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lundi 16 mars 2009

L'apiculteur

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vant hier nous quittait Alain Bashung. Les Inrocks titrait "le dernier des géants", Libération mentionnait "le gentleman", le Monde le placait "sur les cimes de la chanson française". Toute la presse salue l'homme, l'artiste, l'interprète, l'auteur-compositeur. Pour moi, Alain Bashung est celui, avec Gainsbourg, Daho et Souchon, qui m'a invité à m'attarder sur la chanson française, une chanson française classieuse, remplie de poésie, parvenue à m'émouvoir jusqu'aux larmes.

Bashung était un apiculteur, il avait su récolter le meilleur de la musique moderne, toute son inspiration qu'il allait puiser le vieux rock américain et la pop anglo saxonne, pour créer des chansons qui m'ont poursuivi partout, des mélodies qui se sont enchaînées autour de mon cœur pour ne jamais le lâcher. Je salue ici Alain Bashung, sa mémoire, son oeuvre, avec cette sublime chanson qui clôture l'album Chatterton.


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vendredi 20 février 2009

L'avis de Brian

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Je suis né le 11 septembre (tiens donc !) 1940 (ah ok !) à Newark, mon cinéma fortement inspiré par Alfred Hitchcock a marqué plusieurs générations de cinéphiles. Réalisateur de 28 films en 40 ans, mon style est notamment reconnaissable par mon goût pour les plans séquences vertigineux souvent illustrés par des thèmes somptueux. Notamment papa du petit Tony Montana je suis, je suis, je suis … ?

Non, rassurez vous, ce blog n’est pas devenu l’annexe de « questions pour un champion », ni celle des « cahiers du cinéma » d’ailleurs. Mais c’est bel et bien de Brian de Palma dont nous allons parler aujourd’hui et en particulier de deux scènes tirées de son œuvre, inégale mais souvent culte.

La première, date de 1974 et est tirée de « Phantom Of The Paradise ». Dans cette variation de Faust sur fond de glam rock halluciné, un compositeur talentueux ayant perdu son visage sous une presse à vinyles va signer de son sang un pacte avec un producteur sans scrupules (il s’agit de fiction pure et dure, bien entendu …). La scène qui nous intéresse ici est exemplaire en ce qu’elle illustre,  à la fois la fibre mélodique des 70’s et le fantasme de l’époque avec les machines qui commençaient à pointer le bout de leurs circuits imprimés. Le studio est représenté comme une sorte de vaisseau spatial et le producteur comme un dieu (ou plutôt un diable) capable de faire surgir une voix de nulle part en manipulant trois boutons et quelques câbles. Cet extrait, à la fois kitchissime et prophétique, est à consommer sans modération.

 


 

Le deuxième extrait dans lequel John Travolta, pris d’une frénésie incontrôlable, superpose plusieurs ambiances sonores au beau milieu d’un fatras de bandes magnétiques est tiré de « Blow Out » (voir de 4:27min à 6:20min)  , remake du chef d’œuvre de Michelangelo Antonioni « Blow Up ». Le film est intéressant à bien des égards. Tout d’abord, alors que dans l’original du maestro italien le héros se lançait dans une enquête par le biais de photographies, celui de De Palma mène son enquête à travers des enregistrements sonores. Le lien est intéressant car il tend à placer le son au rang de l’image, un bonheur pour nous autres, designers sonores. Ensuite au-delà de la qualité sonore de cette scène, elle fait volontairement (ou non) écho au fameux « Revolution Number 9 » des Beatles, pour lequel Paul Mc Cartney avait enclenché tous les magnétos du mythique Abbey Road afin d'effectuer le premier collage sonore de l’histoire de la musique.

Alors pour ces films et quelques autres, chapeau bas Monsieur De Palma.

mardi 20 janvier 2009

We are big fans...

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Steve Mason alias King Biscuit Time était le leader d'un des plus inventifs groupes anglais des années 90-2000, The Beta Band. C'est parce que nous sommes fans que nous avons décidé de poster cette vidéo de Monsieur Mason devant son ordinateur, son séquenceur, son cahier de notes... Rien de mirifique, juste une envie de partager. Catégorie : professeur sonore.



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lundi 8 septembre 2008

Orchestral Dantec in the Dark

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Proust avait sa Madeleine, Süskind son parfum, mais qui pouvait bien donc s’emparer du son pour lui donner vie à travers sa prose? Qui pouvait bien donc passer de la musique des mots aux mots de la musique? Maurice G. Dantec pardi, et de quelle façon ! La claque est à l’image du bonhomme, violente, torturée, érudite et magistrale.

L’objet du délit se nomme "Grande jonction" et fait suite au flamboyant "Cosmos Incorporated" dans lequel Dantec brossait déjà le tableau d’un monde post-humain inauguré par notre XXIème siècle. Les références musicales y étaient déjà foisonnantes et très éclectiques. Aux frontières de l’anticipation du cyber-punk et de l’expérience mystique, le trip était total, enfin le croyait-on…

"Grande Jonction" qui lui fait donc suite reprend les mêmes éléments mais y ajoute une notion cruciale. La musique, qui jusque la faisait office de bande son musicale pour audiophiles acharnés, se retrouve en plein cœur du récit, mieux, elle devient le récit.

Ce vieux renard de Maurice G. s’empare de la musique pour en faire sa chose, sa solution définitive. Du chapitre I intitulé "Radiohead" au chapitre 50 intitulé "That’s Allright Mama" en passant par "Space Oddity" ou moins évident "Are Friends Electric", il nous livre un véritable opéra rock mystique dans lequel la musique s’avèrera peut-être le salut de l’humanité.

«Le rock donne une existence à la machine, par la musique. Une existence, c’est-à-dire une individualité propre qui dépasse sa simple identité spécifique de chose, même électriquement "animé".  Il lui donne une voix. Il lui donne un langage. Une tension infinie entre sens et forme, signe et substance, matière et esprit. Grâce au rock, l’électricité devenait le sens esthétique central de la machine et non plus seulement le courant lui permettant de fonctionner. Voilà quel était le point essentiel. Grâce à la musique électrique, les machines devenaient à leur tour "indivises", à la fois uniques en tant que singularités capables d’exprimer la sonorité particulière d’un individu, et spécifiques, c’est à dire "universelles", énonçant de fait leur substance propre, leur "grain", leur "couleur", bref, l’ensemble des qualités que l’on retrouvait inchangées d’un modèle à l’autre. Leur existence singulière surgissait de cette articulation, de ce "surpli".»   

Maurice G. Dantec « Grande jonction »

Mes frères audiophiles croyez-nous . L’enfer de Dantec est pavé de bonne sensation.

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lundi 19 mai 2008

Who is Bernhard Fleischmann ?

bernard

B
ernhard Fleischmann
est un musicien autrichien de la scène électronique. Reconnu dans un cercle de passionnés de synthèse et d'art numérique, il a publié pas moins de sept albums depuis 1999 et participé à de nombreux projets parallèles (collaborations, musiques de films...).

La première rencontre s'est faite par le biais du volume 4 des compilations "Planète Bleue". Le titre "20/00" est un aperçu assez représentatif du travail de Fleischmann, une electronica très minimaliste, misant sur le travail des sons et l'atmosphère. Quand je parle du travail de sons, je ne vais certainement pas assez loin et je pourrais sans crainte avancer la notion de design sonore. Le bruissement des textures, le placement judicieux des éléments dans un mix qui accueille progressivement des éléments harmoniques, des notes de piano en suspension, une atmosphère ambient relayée par une rythmique qui se gonfle légèrement. L'immersion s'effectue dans les meilleures conditions, l'apnée est maîtrisée et sans danger.

Un avant goût de la musique de Bernhard Fleischmann avec une vidéo accompagnant le morceau "Play The Big A"et pourquoi pas une reprise de l'entraînement... Juste avant Roland Garros.

Pour en savoir un peu plus sur Bernhard Fleischmann :  http://www.myspace.com/bfleischmann  et http://www.bfleischmann.com

   

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vendredi 18 avril 2008

Les Beatles, George Martin et l'expérimentation sonore

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Nous en avons très peu parlé jusqu'à présent mais les Beatles restent notre référence absolue. Si nous devions relancer l'éternel débat Beatles/Stones, je pense qu'il n'y aurait pas photo, les Fab Four sont tout en haut de la pyramide et rien ni personne ne peut les déloger.

Pour ce premier article sur les Beatles, j'ai choisi d'évoquer les expérimentations sonores au sein du groupe. En dehors des merveilleuses chansons pop ("She Loves You", "All My Loving"...) et des balades sublimes ("Yesterday", "If I Fell"...), le groupe, sous l'impulsion de Paul Mc Cartney, n'a pas hésité à bouleverser les règles et à se poster à l'avant garde de l'expérimentation sonore. "Being For The Benefit Of Mr. Kite" (ndlr. plage n°7 de l'album Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band - 1967) est un excellent exemple.

La chanson, écrite par Lennon, est basée sur une suite d'accord simple, très pop, entre mineur et majeur. Ce qui surprend, c'est cette foire qui donne au morceau une dimension très visuelle. Le son de la fête foraine, suggérée par Lennon, fut un brillant travail de production de George Martin (ndlr. producteur des Beatles). Pour intégrer cette ambiance dans le corps même du morceau, Martin utilisa le même principe que pour les boucles de "Tomorrow Never Knows" (ndlr. premier morceau technoïsant, une grosse inspiration pour les Chemical Brothers et la scène big beat fin des années 90 - Album Revolver 1966). Il décrivit son travail dans son ouvrage "Summer Of Love", sur la fabrication de Sergent Pepper. Après avoir amassé toute une collection d'enregistrements d'orgues à vapeur, il demanda à l'ingénieur du son Geoff Emmerick de tous les transférer sur une seule bande magnétique.

George Martin, in his own words... *

"J'ai dit: Geoff, nous allons tenter à présent quelque chose. Je voudrais que tu coupes cette bande en une multitude de petits morceaux de quelques centimètres à peine chacun." Geoff prit les ciseaux et commença à couper. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, nous eûmes devant nous un tas de petis fragments de bandes magnétiques qui ressemblaient à des petits vers entassés à nos pieds. "Maintenant, prends-les tous et fais-les tournoyer en l'air pour les mélanger!" Il pensait que j'étais devenu fou naturellement... "A présent, ramasse-les et recolle-les sans te soucier de l'ordre... "Quand j'ai écouté la bande, le tout formait un ensemble de sons chaotiques. Mais on pouvait parfaitement identifier le son d'orgue à vapeur. Parfait! C'était l'atmosphère de fête foraine que nous recherchions. John est resté sans voix devant le résultat."

* Tiré de "Paul Mc Cartney, Many years from now, les Beatles, les sixties et moi" -  Barry Miles (Ed. Flammarion 2005)



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mardi 15 avril 2008

Silence

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Après une semaine d'absence due à une intense activité, l'Enceinte revient avec un hommage au silence. Oui, le silence, vous savez, ces  courts instants qui séparent une plage d'une autre plage sur un album de musique. Ces moments où l'on passe d'un univers à un autre, d'une mélodie à une autre, d'une histoire à une autre... Une pause, un souffle, une respiration. Bien entendu, nous n'allons pas disserter sur le sujet mais nous pencher sur 4'33, une oeuvre du maître, le compositeur John Cage, un poète contemporain qui s'illustra pour ses expérimentations sonores et son avant gardisme.

Avant une nouvelle moisson de découvertes musicales et sonores, reprenons doucement l'entraînement avec ce concert dédicacé à John Cage.

Silence, on tourne  !

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lundi 10 mars 2008

Les pierres sonores

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Le sculpteur italien Pinuccio Sciola est responsable du concept des pierres sonores. Je m'explique.
Dans des blocs de pierre à l’état brut, il trace à la scie de diamant des incisions régulières et plus ou moins profondes, créant une série de lames ou de parallélépipèdes de surface dont la vibration produit des sons.

Les sonorités obtenues sont assez surprenantes et pour la première fois, la pierre, objet rigide, figé, témoin du temps, s'exprime, s'ouvre à nous, dans son langage. Magique. Emouvant.





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mardi 6 novembre 2007

Les leçons de musique - Théâtre du Chatelet

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Après nous avoir impressionné par son érudisme musical en deuxième partie de soirée sur France 2 (assez rarement tout de même), Jean-François Zygel vient nous délivrer ses célèbres leçons de musique au Théâtre du Châtelet. Au programme de cette saison, Mendelssohn, Haydn, Chopin (j'y serai !), Messiaen, Debussy et bien d'autres, avec une séance spéciale destinée aux enfants prévue pour la fête de la musique. Avec passion, maître Zygel viendra nous démontrer simplement que le classique n'est pas seulement une musique destinée aux Charles Henri du 16ème et à l'establishment parisien (la tournée est également prévue dans quelques villes de Province). Vivement le 10 décembre au Théâtre !

Les dates au Théâtre du Châtelet :

  • Jeudi 8 novembre : Haydn

     

  • Lundi 10 décembre : Chopin

     

  • Lundi 4 février : Brahms

     

  • Lundi 17 mars : Fauré

     

  • Jeudi 10 avril : Debussy

     

  • Lundi 5 mai : Messaien


  • Théâtre du Châtelet
    Place du Châtelet
    75001 Paris

    Posté par ohmwork à 17:19 - PROFESSEURS SONORES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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